Une physiologie particulière

Le contour de l'œil est caractérisé par une physiopathologie particulière. Ses problèmes spécifiques imposent des contraintes strictes de formulation.

Les paupières : une grande fragilité due à une anatomie particulière

  • Une structure atypique

    Les paupières forment un ensemble appelé " cutanéo-muqueux " (la face antérieure est en effet recouverte par la peau et la face postérieure par une muqueuse, la conjonctive palpébrale), adapté à la protection du globe oculaire. Sa structure rigide pseudo-cartilagineuse est essentiellement de nature fibreuse (collagène et élastine), ce qui permet de maintenir la paupière tendue.

  • Une épaisseur cutanée réduite

    La peau des paupières et du contour de l'oeil est très fine ; en effet, l'épiderme de cette zone y est plus fin que partout ailleurs : 0,04 mm d'épaisseur (contre 1 mm pour le visage et 1,6 mm pour les paumes et les plantes). Le derme également est très peu épais et représente 0,5 mm (contre 1 à 4 mm pour le reste du corps).

  • Une résistance sous-cutanée insuffisante

    Le tissu sous-dermique de la paupière est également très différent de l'hypoderme habituel car il ne contient pas de cellules adipeuses.

  • Une zone en perpétuel mouvement

    Pauvre en fibres (collagène et élastine) et en cellules graisseuses, la zone du contour de l’oeil est par contre très riche en muscles (22 muscles différents) dont 14 sont voués aux clignements de la paupière. La peau du contour de l'oeil est très sollicitée : la paupière est en mouvement à chacune de nos expressions et bat environ 10 000 fois par jour afin d'assurer une hydratation permanente à la cornée, en étalant à sa surface, le liquide sécrété par les glandes lacrymales.

  • Une mobilité qui engendre une grande fragilité

    Pour permettre cette extrême mobilité, le tissu conjonctif du contour de l'oeil est très élastique et plus lâche qu'à tout autre endroit du corps. C'est cette laxité propre aux paupières et au contour de l'oeil qui est à l'origine de la fragilité de cette zone et de son absence de résistance aux agressions d'origine externe (pesanteur, soleil, produits irritants) et interne (épanchements lymphatiques, faiblesses de la micro-circulation sous-cutanée).

Les cils : des annexes protectrices

  • Une éternelle jeunesse

    Les cils sont des poils soyeux, en général plus rigides que ceux des sourcils. Habituellement de la couleur des cheveux, ils ont la particularité de ne pas blanchir. Leur pousse est rapide et leur cycle beaucoup plus court que celui des cheveux. Une géométrie variable : les cils s'implantent sur 3 ou 4 rangs irrégulièrement disposés, allant de 1,5 mm de l'orifice lacrymal jusqu'à 2 mm environ de l'angle externe. Ils sont en nombre très variable selon les individus : on peut en compter de 70 à 160 sur la paupière supérieure et 70 à 80 sur la paupière inférieure. Ils mesurent environ 8 à 12 mm de long et sont concaves en haut et en bas, afin d'éviter de se mêler à la fermeture complète des paupières.

Les altérations du contour de l'œil

Elles sont au nombre de quatre et très différenciées :

Les effets de l'âge

Reflet de la jeunesse du visage, le contour de l'œil est une zone particulièrement vulnérable :

  • 30 - 40 ans

    Sous l’effet des mouvements répétés, la peau de la paupière supérieure s’est distendue et au coin des yeux, les rides d’expression apparaissent.

  • 40 - 50 ans

    La paupière inférieure subit elle aussi des altérations. Un excès de peau s’est constitué, associé très souvent à un amas plus ou moins important de cellules graisseuses.

  • 50 - 60 ans

    Les rides se creusent encore plus, les paupières supérieures se sont alourdies, la queue du sourcil s’est affaissée. Au niveau des paupières inférieures, les poches graisseuses sont plus importantes et la chute des tissus mous du haut des pommettes a accentué les cernes.

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